Bloguer dans la persévérance

Le blog corporate est un « média social » et comme tout média, comme toute publication, il s’agit là d’un outil de communication qui doit être traité comme tel. L’erreur serait de se servir d’un blog comme un effet de mode. Bloguer est tendance certes, mais la mode passe, l’entreprise reste… enfin elle essaie.

Ouvrir un blog d’entreprise nécessite d’avoir quelque chose à dire. Pas de message, pas de lecteur. Et avoir quelque chose à dire ne suffit pas, encore faut-il savoir le transmettre. Bloguer ne s’invente pas, ça se maîtrise surtout quand l’image d’une entreprise en dépend.

Assurer un flux qualitatif et durable n’est pas évident, à cela s’ajoute le paramètre de la performance car n’oublions pas que le blog a pour vocation de vous faire connaitre et donc à vous faire vendre indirectement.

Au début, croyez nous, c’est l’euphorie, on découvre un nouveau moyen de s’exprimer, on attend les premiers commentaires, on aime surprendre, épater, on adore voir le flux des visiteurs augmenter… Puis d’un billet à l’autre cela s’étiole, doucement mais surement… D’un billet par semaine on passe à deux billets par mois puis un de temps en temps jusqu’à disparaître définitivement de la toile.

Nombreux sont les blogs qui meurent dans leur première année. Mais pourquoi ?

Par manque d’implication avant tout. Parce que bloguer est une activité à part entière. Chronophage : trouver le sujet, se documenter, argumenter, illustrer. Ecrire enfin. Puis relayer sur les réseaux sociaux, mettre à jour, administrer, modifier… Il faut aussi lire les autres, entrer dans la blogosphère, créer sa communauté, l’animer… Penser qu’on peut ouvrir un blog d’entreprise quand on est par ailleurs missionné à autre chose dans la société c’est à notre avis improbable. Enfin si, on ouvrira le blog mais on ne pourra sans doute pas l’entretenir. Pour bloguer il faut dégager du temps, beaucoup de temps !

Ensuite parce qu’écrire n’est pas quelque chose que tout le monde aime ou est capable de faire. Le syndrome de la page blanche même pour un communicant est récurrent alors imaginez pour un néophyte ! L’inspiration ne se commande pas, écrire est difficile, le choix des mots, une orthographe irréprochable, un phrasé clair et accessible. Savoir raconter, construire une histoire, mais aussi savoir dialoguer avec le lectorat, entretenir le lien social…

Donc avoir du temps et savoir écrire sont les deux premiers critères auxquels nous ajouterons un élément essentiel : de la stratégie ! Si le blog est bien un média de communication, à ce titre, il mérite une stratégie de communication. Une nécessité amplifiée par le support du Web et ses particularités de réactivité, de « no limit », de mondialisation. L’erreur de communication est indélébile, il ne s’agit plus d’un numéro de téléphone erroné sur un flyer rectifiable à la prochaine impression offset. Sans un minimum de stratégie, sans ligne éditoriale, un blog part à vau-l’eau et on peut vite se sentir dépassé, regretter certains billets, ne plus avoir rien à dire…

Et puis viennent les sentiments d’insatisfaction, de découragement : pas de commentaire, peu de visiteurs, pas de retombée palpable…

Pour ce qui est des visiteurs il faut savoir être patient. Sauf cas extrêmes, le succès immédiat est rare. La toile est vaste, il faut se frayer un chemin, mais chaque caillou pose l’édifice de la marque. C’est là que le référencement est important. Vous n’avez peut être pas beaucoup de visiteurs mais vous avez laissé votre empreinte sur le Web, et quand on vous cherchera, on vous trouvera. Mieux c’est vous que l’on trouvera en première ligne parce que vous aurez su vous raconter et non un inconnu qui aura un jour parlé de vous, en bien (parfois) ou en mal (plus souvent)

Pour les commentaires, c’est un concept en voie de disparition… Avec l’arrivée des réseaux sociaux, les commentaires sont différents : du « like » de FaceBook au RT (Retweet) de Twitter, du vote sur Wikio aux rétroliens qui vous citeront comme référence. Autant de manières de commenter et d’approuver l’un de vos billets.

Pour ce qui est des retombées, à moins que vous n’ayez un blog marketing, dont l’objectif est de doper vos ventes, un blog permet d’asseoir votre notoriété, d’entretenir votre image de marque et de fidéliser des internautes, à priori prospects, clients, prescripteurs, partenaires de l’entreprise. Du marketing indirect, qui ne se chiffre pas en espèces sonnantes et trébuchantes mais autrement… en renommée, en image, en réputation…

Alors oui, tout cela mis en exergue peut à terme décourager l’entreprise de poursuivre l’aventure du blog et c’est bien dommage… Quand on crée un blog corporate (mais c’est aussi valable pour un blog personnel) il faut le faire avec sérieux et non parce que le voisin en a un. Copier le voisin est d’ailleurs impossible, les désillusions sont inévitables : vous êtes uniques, votre culture est unique, votre histoire est unique et c’est sur cela qu’il faut miser… patiemment…

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  4 comments for “Bloguer dans la persévérance

  1. Mag
    28 octobre 2010 at 19:43

    Article très pertinent que je garde sous le coude -enfin en favori devrais-je dire – pour argumenter auprès d’entreprises en tant que CM potentielle.
    S’il est fort dommage que les commentaires tombent en désuétude, je tends à penser que ceux qui prennent le temps d’en rédiger sont des profils potentiellement intéressants, si l’on excepte les trolls et sans auto-congratulation en ce qui me concerne.
    Et puis, pour se faire connaître sur la toile, cela peut être un très bon moyen d’interpeller sa future communauté, si tant est que l’on ne va pas commenter sur le blog de l’entreprise concurrente et que l’on apporte un avis constructif, voire simplement amical une fois que les relations se tissent et s’approfondissent.

  2. 29 octobre 2010 at 07:07

    Que du bon, que du vrai.
    Même si le ton général du billet pourrait refroidir un prospect ou deux plutôt que l’engager dans le développement d’un blog corporate 🙂
    Mais je suis complètement d’accord.
    J’ai l’exemple d’un ancien client pour qui nous avions monté un blog qui a duré… 5 ans ! Une véritable exception et formidable expérience. Mais pour pouvoir lancer le projet, ce client, filiale d’un grand groupe international avait dû faire 2 choses :
    – choisir de passer par une agence pour tenir ce blog (un choix intelligent, pour pouvoir tenir dans la durée)
    – cacher à sa maison mère l’existence officielle de ce blog, pour éviter les « Mais quel est le ROI de ce machin ? »

    Résultat, au bout de 2 ans, ce blog était devenu le premier vecteur de trafic en direction du site officiel corporate de la marque, un trafic qualifié avec des visiteurs venus pour en savoir plus sur les produits de « l’expert » qui prenait la parole sur le blog.

    Ce jour là, la corp. a été prévenue et a accepté de continuer à financer le blog en question.

  3. Pascal Weber
    1 novembre 2010 at 06:21

    Les entreprises n’ont pas le temps de faire de l’effet de mode. Cela va donner une image plutôt négative de l’entreprise si l’on ne maintient pas son média à jour dans le temps.

    Comme dans tout projet, il faut d’abord se poser la question de l’objectif à atteindre. Le média n’est qu’un outil en fait. Ensuite, la volonté affichée par la direction de l’entreprise passe par l’affectation de ressources par la direction de l’entreprise. Cela ne suffit toujours pas, car il faudra suivre l’avancement du projet, car dans ce domaine il faut être persévérant. La démarche d’amélioration continue permettra ensuite à l’entreprise d’adapter l’outil média, car il faut qu’il s’adapte aux besoins de ses lecteurs qui évoluent dans le temps.

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