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Posts Tagged ‘écriture’

Blogueur ou communicant ?

Jeudi, juin 17, 2010 posted by CorporatementNous

elevatorPeut-on s’improviser blogueur ? Oui sans doute. On a tous eu envie d’écrire à un moment ou un autre de notre vie, sur un sujet intime ou pas, pour partager une passion ou une expérience, pour défendre une cause ou des idées… Le blog offre alors un moyen de nous exprimer en illimité. Écrire devient facile, enrichissant et révélateur. Ou pas… L’expérience se passe alors plus ou moins heureusement, en fonction de la ligne éditoriale et de notre talent. Pour les plus chanceux, ceux qui brassent des visites, des commentaires, l’envol peut être étourdissant. Mais écrire pour soi (et parler de soi) ce n’est pas la même chose que d’écrire pour les autres, pour une entreprise…

Un bon blogueur se reconnait à sa plume. Il doit savoir écrire, bien écrire. Un sujet peut être on ne peut plus intéressant, s’il est mal traité, si le billet est creux, mal rédigé, bourré de fautes ou de non sens il n’attirera pas les foules. Le blog aura beau être intéressant de par le sujet, si le talent n’est pas au rendez-vous, point de lectorat. Et ce qui est valable à titre personnel l’est tout autant à titre professionnel entrainant irrémédiablement une mauvaise image publique de la marque (voyez par vous-même comment les bourdes publicitaires ou journalistiques des uns et des autres sont relayées et moquées sur Twitter et ailleurs !).

Bien écrire est donc la qualité première du blogueur qu’il soit pro ou non.

Le style de la plume est aussi important que son tracer. Quand l’encéphalogramme est plat et ne crépite pas, le lecteur quitte la place. Rien que de plus subjectif me direz vous… à chacun son style, on aime ou on n’aime pas. Ce style, ne n’oublions pas, vous est propre, il est inné, il va avec votre personnalité, il s’accorde avec votre sujet (forcément puisque vous parlez de vous et de ce qui vous passionne). Mais alors que se passe-t-il lorsque votre style est votre marque de fabrique ? Les lecteurs vous lisent parce qu’ils aiment ce style, mais vous liront-ils ailleurs et autrement ? Prenez le style des articles de Cosmo, humour décalé et dérision. Transposez ce style sur un média de BP… ça jure hein ? Alors que faire de ce style qui vous va si bien ? Faut-il le laisser au vestiaire de l’entreprise pour laquelle vous bloguez ? C’est une décision à prendre en commun avec l’entreprise. De deux choses l’une, soit vous avez été recruté pour (et à cause de) lui et celui-ci vous suit sur ce nouveau blog professionnel, cas idéal. Soit vous êtes un blogueur caméléon et vous vous adapterez, et là c’est vous qui êtes idéal ;-)

La seconde qualité du blogueur est à mon sens sa capacité à s’adapter à l’environnement, au moment, au sujet, au public…

Il est essentiel aussi que le blogueur connaisse l’entreprise pour laquelle il blogue pour adhérer à sa philosophie, à son environnement, à son cœur de métier. Pas facile quand on est un pion extérieur, l’immersion sera certainement longue, avec un long travail de recherche, d’écoute, d’observation et de persévérance. D’autres qualités bien utiles.

Toutes ses qualités suffisent-elles pour autant à faire un (bon) blogueur professionnel ? Ne manque-t-il pas la qualité première de quelqu’un qui communique au nom d’une entreprise ? communiquer ? communicant ? Une notion trop souvent oubliée… Il fut un temps où seuls des communicants de métier communiquaient… L’expertise des mots, de l’image, de la marque, de la stratégie (…) autant de notions utiles pour discourir sur l’entreprise. Même si ce statut professionnel, et l’expérience qui va avec, ne met pas à l’abri d’une erreur de stratégie, n’empêchent pas le faux pas…

Savoir écrire et avoir un style sont nécessaires, mais être un communicant est essentiel, primordial. On ne s’improvise pas blogueur pro parce qu’on a blogué auparavant pour soi, même si on a eu du succès. Une stratégie de communication ne s’improvise pas, les mots ne s’inventent pas…

Le blog et la plume Sergent Major

Mercredi, mai 5, 2010 posted by CorporatementNous

horloge 2 Cela pourrait être le titre d’une fable 2.0…

« (…) En fait, le blog c’est comme la plume Sergent Major, dans un autre temps (…) »

Cette phrase m’a été dite par un ancien Directeur du secteur bancaire et depuis elle trotte dans un petit coin de ma tête…

D’abord parce que la plume Sergent Major me rappelle plein de souvenirs : mon apprentissage de l’écriture et mes crampes, ces petites plumes argentées bien rangées dans leur boite en carton au décor vieillot et flou, le bruit de leur caresse sur le papier et les pâtés que cela faisait quand on oubliait de lever le porte plume, le petit pot en porcelaine blanche dans lequel le Maître versait l’encre, les taches sur les doigts, les buvards… J’aimais bien le trait léger en montant et le trait gras en descendant. Je n’écrivais pas bien… c’était la plume qui écrivait bien !

Ensuite parce que la plume est chargée de symboles : premier instrument qui a permis de passer de la gravure à l’écriture, plume de l’oiseau d’abord utilisée au Moyen Age, puis plume métallique, en or, en argent, en bronze durant l’Antiquité… La défaite de la guerre Franco-allemande de 1870 et le patriotisme en résultant qui entrainera en France la création des plumes militaires « Sergent Major », une plume qui aura marquée des générations d’apprentis écoliers d’après guerre.

Mais avant de devenir un objet de consommation courante dans les années 1800 et de conquérir le monde grâce à de nouveaux aciers plus souples, la plume a été décriée, malmenée, moquée : trop dure quand elle était faite d’or ou de bronze, corrosive à cause de l’encre, pas adaptée à toutes les écritures… Aujourd’hui abandonnée au profit des portes plumes modernes, elle n’est plus utilisée, sauf pour l’art de la calligraphie, et devient objet de collection après des siècles d’existence.

Belle histoire que celle de la plume… et si on écrivait la même pour les blogs ? Ces blogs si souvent décriés et pourtant instruments d’écriture ? Ces blogs autrefois rigides aujourd’hui si modulables ? Ces blogs devenus produits de consommation courante tant personnels que professionnels ?

Imaginez…

Dans quelques temps, vous, Chefs d’Entreprises, direz sans doute à vos petits enfants :

« Ah… le blog… je me souviens du premier blog…
Autrefois, il y a fort longtemps, on écrivait sur du papier… et puis un nouvel outil est né, l’ordinateur, un nouveau support, Internet… sacrée révolution… Et avec lui, du contenu, beaucoup de contenu, venant d’ici mais aussi d’ailleurs… c’était écrire aussi, pas forcément facilement au début, mais autrement…
On a alors créé des sites pour les entreprises, une carte de visite visuelle et mondiale en quelque sorte… Au début c’était nouveau, ludique, moderne… toutes les entreprises voulaient leur site Internet !
Et puis des particuliers futés ont commencé à créer des pages perso, comme ils appelaient ça, des pages qui leur permettaient de parler de choses plus personnelles… Fallait quand même être un pro du langage HTML pour un résultat somme toute basique…
C’est alors qu’est apparue l’ère bloguesque ! D’abord et surtout avec des blogs d’ados, colorés, scintillants, clinquants, kitch… où les jeunes se confiaient, discutaient entre eux, exposaient leurs passions (souvent musicales)… des discours de jeunesse qui ne plaisaient pas à tout le monde et de jeunes écrivains qui se faisaient railler… Le blog était une révolution pour l’écriture… Mais ce fut un mauvais départ suivi d’une mauvaise réputation !
Il aura fallu que ce support passe aux mains d’experts, de professionnels, pour que des entreprises s’y intéressent. Aujourd’hui tous les grands groupes ont un blog, les PME s’y sont intéressées mais beaucoup plus tard et c’est ainsi que le blog est devenu un produit de consommation courante personnel et professionnel…
Tu vois, moi j’ai appris comment passer du papier au Web… toi tu apprendras comment passer du site au blog… »

Finalement c’est vrai, le blog est la plume Sergent Major 2.0, une petite révolution, qui aura un jour reconnaissance de ses valeurs … des valeurs traditionnelles à l’image d’un Directeur de banque …